
Film de marque : 2026
Hoka
- Client
- Hoka
- Prestation
- Direction créative & production IA
- Année
- 2026
Projet spéculatif : cette campagne a été imaginée et produite par Studio Mood, elle n'a pas été commandée par Hoka.
Le film ne montre personne en train de courir.
Le projet
Une marque de course parle presque toujours à celui qui court déjà : la foulée, le chrono, la ligne d'arrivée. Restent tous les autres — ceux qui aiment courir mais que le moindre prétexte détourne, ceux qui repoussent la sortie d'une heure, puis d'un jour. Le geste difficile n'est pas le kilomètre. C'est de sortir.
La campagne prend donc le contre-pied du film de running : elle reste à l'intérieur, et elle filme l'évitement.
Le parti pris
Un seul plan, fixe, du début à la fin. Un salon, une lumière de fin de matinée, et une paire de Hoka posée sur le tapis au premier plan. Elle ne bouge pas de tout le film.
L'homme, lui, tourne autour. Il passe devant sans les voir, s'allonge sur le canapé, prend son téléphone, déjeune, fait les cent pas, répond à un appel, s'assoit la tête dans les mains. Rien de spectaculaire : la journée ordinaire de quelqu'un qui sait ce qu'il devrait faire.
Le cadre ne bouge pas, et c'est ce qui rend le manège lisible. On ne voit pas le personnage hésiter : on voit le temps passer autour des chaussures.
Puis la pièce est vide, et les chaussures ne sont plus là. La chute n'est pas montrée, elle est constatée. Le carton final l'écrit : the hardest step is the first one — et derrière, plus pâles, second one, third one, fourth one. Le premier pas est le plus dur, et il l'est encore le lendemain.
La production
Tout le film est produit en IA, et rien ne l'est automatiquement. Le concept, le casting, la décoration de l'appartement, le cadre, la lumière, l'enchaînement des séquences : chaque élément a été décidé, puis obtenu à force de reprises. L'outil ne remplace pas les arbitrages, il ne fait qu'en accélérer l'exécution.
Le plan fixe, en particulier, est une contrainte de direction et non une facilité : il oblige à obtenir exactement le même décor, la même lumière et la même position de caméra sur toutes les séquences, ce qui est précisément ce qu'un outil génératif ne donne pas spontanément.
Le montage, les textes, le sound design et la voix sont signés Raphaël, réalisateur monteur chez Studio Mood. C'est là que le film devient un film : le rythme des allées et venues, le silence qui laisse entendre la pièce, et l'arrivée du carton final au moment exact où le spectateur a compris avant lui.
Ce que ça dit du métier
Une campagne entièrement générée ne se juge pas au réalisme de ses images, mais à la solidité de son idée et à la tenue de son montage. Les deux se travaillent comme avant. Seule la fabrication a changé de main.

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