MÉTHODE
Combien coûte un film de marque en France ?
Une campagne avec une journée de tournage se situe autour de 20 000 €. Voici ce que ce chiffre contient, et pourquoi il varie autant.

Une campagne de marque avec une journée de tournage se situe autour de 20 000 € en France. C'est l'ordre de grandeur d'un projet mené de bout en bout par Studio Mood : concept, équipe, tournage, postproduction, livrables déclinés par canal. En dessous de 8 000 €, on ne parle plus de campagne mais de captation. Au-dessus de 60 000 €, on entre dans le film publicitaire avec casting professionnel, décors construits et diffusion média.
Que contient réellement ce chiffre ?
Un devis de production se lit en six blocs, et c'est leur poids relatif qui explique tout.
La préproduction : cadrage du concept, écriture, repérages, casting, constitution de l'équipe, plan de tournage. C'est le poste que les clients regardent le moins et qui décide le plus. Un projet mal cadré ne se rattrape pas au montage : il se repaie en journées supplémentaires.
L'équipe : réalisateur, directeur de la photographie, cadreur, assistant, ingénieur du son, régie. Sur une journée, c'est le poste le plus lourd. Chaque personne en plus sur le plateau est une personne dont il faut justifier la présence.
Le matériel et les lieux : caméra, optiques, machinerie, lumière, location d'espace, autorisations de tournage. Un tournage en extérieur dans Paris coûte en démarches ce qu'il économise en location de studio.
La postproduction : montage, étalonnage, mixage, motion design, sous-titrage. Compter au minimum autant de jours de montage que de jours de tournage, souvent le double.
Les déclinaisons : chaque format supplémentaire, vertical, carré, format court, version sans texte, est un montage à part entière, pas un recadrage.
Les droits : durée d'exploitation, territoire, supports. Une musique, un comédien ou une voix se paient différemment selon qu'on diffuse six mois sur les réseaux ou trois ans en télévision.
Pourquoi le même brief donne des devis si différents ?
Parce que trois variables déplacent tout le reste. Le nombre de jours de tournage d'abord : passer d'une à deux journées ne double pas le budget, mais l'augmente d'environ 60 %, puisque la préparation et la postproduction ne changent pas.
Ensuite la taille de l'équipe. Un film peut se tourner à trois personnes ou à douze, pour un rendu très différent. Ce n'est pas une question de qualité d'image, les caméras se ressemblent, mais de ce qu'on peut se permettre de rater. À trois, on n'a pas de seconde chance.
Enfin ce qui n'est pas écrit dans le devis le moins cher. Les allers-retours de validation sont-ils inclus, et combien ? Les déclinaisons sont-elles comptées ? Qui paie si le lieu tombe à l'eau ? Un devis à 12 000 € qui ne prévoit qu'un seul aller-retour finit souvent plus cher qu'un devis à 20 000 € qui en prévoit trois.
Où placer son argent quand le budget est contraint ?
Dans la préproduction, toujours. C'est contre-intuitif : c'est la phase qu'on ne voit pas à l'écran. Mais chez Studio Mood, la règle est constante : une journée de préparation en plus coûte moins cher qu'une demi-journée de tournage en trop, et évite presque toujours une révision en postproduction.
Le deuxième réflexe utile est de réduire le nombre de livrables plutôt que la qualité de chacun. Trois formats bien montés valent mieux que huit déclinaisons bâclées, et personne ne compte les formats : on regarde le premier.
Ce qu'il faut demander avant de signer
Trois questions suffisent à comparer deux devis honnêtement : combien de jours de tournage, combien d'allers-retours inclus, et quels droits d'exploitation pour quelle durée. Si un prestataire ne répond pas clairement aux trois, l'écart de prix ne vient pas de sa compétitivité.